MEDIAS ET ENJEUX DES TIC EN AFRIQUE DE L’OUEST

« Nouvelles technologies, nouveau journalisme, renforcement de la gouvernance », c’est autour de ce triptyque que plus de 50 journalistes, bloggeurs et acteurs de la société civile de différents pays africains ont planché pendant trois jours à Dakar. Ce troisième atelier régional sur médias et les enjeux des Tic en Afrique de l’Ouest, organisé à Dakar par l’Institut Panos Afrique de l’ouest (Ipao) du 13 au 15 décembre dernier, a été un moment d’échange et de partage d’expériences sur diverses problématiques liées à la pratique du métier de journalisme mais surtout à l’usage des Tic, des blogs, technologies et applications du web 2.0

L’intérêt manifesté par les panélistes démontre l’importance des enjeux de ce secteur. La directrice de l’institut Panos, Diana Senghor le confirme en parlant de d’un autre monde virtuel qui est matérialisé, entre autres, par l’émergence des blogs et leurs démultiplications gigantesques à travers la toile Internet. Elle n’a pas manqué de rappeler la mission que s’est assignée l’Ong internationale qui est présente à Dakar depuis juillet 1997.

Le conseiller technique chargé de la communication du ministre de l’Information, Mamadou Kassé a abondé dans le même sens. Il a souligné les enjeux des interactions des Tic qui font qu’on est en train de vivre un « village planétaire » qui se démocratise en s’ouvrant à tous les espaces de liberté. « L’utilisation des Tic et en particulier du « blog » par les « bloggeurs » de toutes conditions, comme support de communication en ligne favorise aujourd’hui, l’émergence d’un journalisme dit « citoyen » qui se retrouve sur un terrain (celui de la production d’informations) qui était jusqu’ici celui du journaliste. Cette nouvelle pose la problématique de la gestion de l’information dans ses aspects législatifs et réglementaires », a-t-il affirmé. C’est, selon le journaliste Mamadou Kassé, l’occasion de rappeler la nécessité d’une réadaptation et d’une réactualisation des textes pour mieux repréciser le statut des journalistes et renforcer davantage leur profession face à l’usage que les citoyens font des TIC et les conséquences qui peuvent en découler » avance Mamadou kassé. Juste après l’ouverture de cet atelier, le thème : « journalisme à l’ère de la société de l’information » a été servi comme entrée en matière. Il a été développé par la directrice du Cesti, Eugénie Rokhaya Aw, l’éditeur de « Global Voices » en Namibie, Ndesanjo Macha. Une communication qui a permis de mesurer le bouleversement des traditions et des manières de traiter l’information avec l’émergence du support électronique et des outils du web 2.

L’information au service du développement

Une bonne frange des journalistes qui ont pris part à cette rencontre sont, en plus de leur profession, des bloggeurs. C’est ce qui pourrait justifier la richesse et la vivacité des interventions à la suite des communications sur « blogger en Afrique de l’Ouest : enjeux, acteurs, contenus, problèmes ». Judith Lenti chargé du suivi des projets Tic à Panos, le chargé des Tic et réseaux à Enda, Laye Kanté, le professeur de l’institut international des Tic et du journalisme (Ghana), Kwami Ahiabenu II et le journaliste du Matin, Patrick Djossou ont ainsi proposé un tour d’horizon sur la question qui a été complété par les contributions et interpellations des participants.

« Blogs, gouvernance et développement » a aussi été un thème central de cet atelier. Il a magnifié et montré de manière concrète comme les blogs et les outils du web 2, de manière générale, peuvent impulser un pays vers le développement à travers un partage d’expériences et de connaissances au niveau de tous les domaines de la vie active. Avec des exemples éloquents tirés de la conférence internationale sur le web 2 pour le développement rural tenue, en septembre dernier, Ibrahima Lissa Faye, votre serviteur et Noël Tadegnon ont exposé les bienfaits du projet « trouver une voix » qui est en train de tenir des prouesses au niveau des zones rurales Indiennes et d’autres activités qui peuvent doper les moteurs de toutes économies.

source: SUD QUOTIDIEN